Hopeahännän

Portrait d’éleveuse : Sari Sinkko, chatterie Hopeahännän par Alexandra Besson

Qui regarde les résultats obtenus par les chats de Sari Sinkko, tant ceux qu’elle a achetés que ceux issus de son propre élevage, est frappé par les succès vertigineux rencontrés au fil des années : une collection impressionnante de Suprême Champions, de Junior Winner, ou encore de Distinguished Merit. 23 chatons issus de la chatterie Hopeahännän ont raflé BIS et titres élevés en exposition FIFe. Mais Sari est bien plus qu’une star des podiums : depuis 11 ans, elle s’est également attachée à construire des pedigrees bien à elle, et ne cesse d’œuvrer pour un élevage vigilant, autant attaché à la santé et au caractère des chats qu’à leur type et leur look. Rencontre chaleureuse avec un phénomène venu du Nord.

Sari commence l’élevage en 2002, en important deux chats danois, EC DK*Havheksen’s Hannibal DM, et la célèbre et sublime écaille GIP EC May Gamgeee Felis Audax*DK DM. Dès l’achat de ses tous premiers reproducteurs, Sari a en tête une démarche d’élevage mûrement calculée, et un objectif ambitieux : construire ses propres lignées. Pour cela, elle se tourne vers les lignées qui la fascinent, et dont le look et le gabarit correspondent à son idéal – entier, Hannibal pesait déjà 9 kilos, et 6 pour May Gamgee : Sari est très attachée à l’idée que le Norvégien doit rester un grand chat. « Hannibal et May Gamgee étaient un rêve qui se réalise », nous confie-t-elle. Ces deux chats fondateurs sont encore très fortement représentés dans ses pedigrees, et l’axe d’élevage principal s’est appuyée sur des femelles, toutes issues de May Gamgee : à la chatterie Hopeahännän vivent six générations de chattes descendant de la lumineuse et charismatique tortie. En contrepoint de cette lignée féminine, Sari a importé plusieurs très beaux mâles, comme EC S*Isgarden’s Rigoletto DVM DSM ou SC DK*Morgunstralan’s Hot’n’Sweet DVM, ou plus récemment, D*Muffin’s James Potter et S*Cederskogen’s Max Magma JW.

« Le pilier de mon élevage a toujours été ma lignée femelle, et j’ai à cœur de la poursuivre. J’ai eu la chance de pouvoir importer de très beaux chats issus d’élevages sérieux et exigeants, qui l’ont fait progresser. Ma démarche a toujours été de chercher des mâles qui, phénotypiquement, ressemblaient à mes chattes, afin de garder le look que j’aimais, et une certaine homogénéité et harmonie dans mon élevage. », nous explique Sari.

Quand je demande à Sari de quels chatons elle est la plus fière, les noms fusent, puis un rire : « Je suis tellement fière de tous mes chatons, pas seulement ceux qui ont gagné en expo, aussi ceux qui vivent en compagnie et dont les gens m’envoient nouvelles et photos avec un grand sourire aux lèvres, tellement heureux de partager leur vie avec ce chaton, mon « bébé » ». Mais parmi ceux qui vivent chez elle, trois en particulier ont fait sa grande fierté : IP&EC Hopeahännän Sylvesteri DVM, SC Hopeahännän Pablo Picasso, JW, DVM, et sa mère SP Hopeahännän Harley Quinn. « Ce sont des chats qui combinent un grand nombre de lignées avec lesquelles j’ai travaillé – notamment Pablo Picasso. Pablo est issu de ma première femelle May Gamgee, en sixième génération. J’ai ses parents et ses grands-parents à la maison. Son pedigree contient tous les mâles que j’ai importés. Il est vraiment le cocktail Hopeahännän par excellence. Les juges m’ont souvent dit que Pablo Picasso était une véritable incarnation du standard du Norvégien, et cela me comble de joie. Il est Suprême Champion, Junior Winner et Distinguished Variety Merit, et il a atteint la quatrième place du Skogkatt of the Year 2012. Il a trois ans maintenant, et je le trouve toujours autant à mon goût. J’espère continuer à pouvoir élever des Norvégiens comme je les aime – des chats robustes, en bonne santé, grands et costauds, et avec un caractère équilibré et harmonieux. Des chats comme Pablo Picasso – voilà mon rêve ! ».

SC Hopeahännän Pablo Picasso, JW, DVM

SP Hopeahännän Harley Quinn

 

IP, EC Hopeahännän Sylvestri

Sa passion pour le Norvégien s’exprime également dans les instances officielles : Sari est membre du bureau du club de race, le Norjalainen Metsäkissa Ry. Elle nous parle avec passion du projet de stockage de l’ADN initié par les professeurs Hannes Lohi et Anna Maija-Virtala. « Non seulement nous avons pu collecter un grand nombre d’échantillons d’ADN, mais nous avons également fait circuler des questionnaires afin que, combinés, ils puissent s’inscrire dans une vaste étude de la santé du Norvégien, dont nous aurons les résultats cette année. Plusieurs étudiants vétérinaires de l’université d’Helsinki travaillent actuellement à ce panorama de la santé des Norvégiens finlandais. Nous nous appuierons sur les conclusions de cette étude pour élaborer nos documents d’information et de sensibilisation à la santé à l’usage des jeunes éleveurs. J’ai l’espoir ferme qu’à l’avenir, nous puissions trouver des tests génétiques pour un très grand nombre de maladies, et le stockage de l’ADN est une étape essentielle. Maintenant, de plus en plus d’éleveurs finlandais prennent l’habitude de prélever un échantillon d’ADN sur tous leurs chatons avant leur départ pour de nouvelles familles. Cela pourra se révéler précieux à l’avenir.

Si des problèmes de santé leur sont rapportés, il leur suffit de mettre à jour les informations concernant ce chat dans la base de données. Ainsi, les vétérinaires auront déjà du matériel exploitable pour des études ultérieures. »