Une grande vigilance quant à la santé

 Tous les Finlandais à qui nous avons parlé nous le disent avec humour : il est dans leur nature d’être très disciplinés et enclins à respecter les règlements, et c’est ainsi que le club de race du Norvégien, le Norjalainen Metsäkissa Ry, a pu mettre en place une culture de la rigueur et de l’exigence face aux problèmes de santé. Cela ne doit donc pas nous étonner que le club mette en ligne, sur la page des chatons disponibles, le statut FIV, FELV, GSD4 et HCM des reproducteurs impliqués dans les mariages, que le dépistage par échographie de la cardiomyopathie hypertrophique ait pu se généraliser à l’immense majorité des éleveurs, activement soutenu par le club, qui aide à organiser des journées de tests collectifs chez un spécialiste affilié à Pawpeds, afin de garantir aux éleveurs y participant un tarif plus bas et d’encourager ainsi au dépistage.

Henna Raudaskoski, heureuse propriétaire de Norvégiens et membre du bureau du club, nous parle avec passion des programmes de santé qu’elle contribue activement à concevoir : c’est ainsi que le Norjalainen Metsäkissa Ry possède sa propre petite base de données recensant les causes de décès félins que les propriétaires acceptent de partager, et s’emploie actuellement à entrer plus de 6000 skogkatts finlandais dans Pawpeds, soit tous les chats enregistrés depuis la création du livre d’origines.

Henna Raudaskoski travaille aussi, avec une équipe constituée d’éleveurs et de vétérinaires, à l’établissement d’un guide à destination des jeunes éleveurs, détaillant l’histoire de la race, des recommandations d’élevage diverses, et des indications quant aux protocoles à suivre pour s’assurer de la bonne santé de ses chats. Par ailleurs, le club encourage vivement ses éleveurs à collaborer à un vaste programme de stockage d’ADN de chats de toutes races, initié par le Professeur Hannes Lohi.[1] Il s’agit de collecter, au moment des vaccins du chaton, un échantillon de salive, et de l’envoyer à cet organisme spécialisé dans la conservation de l’ADN, afin de constituer une base de données incomparable pour les recherches ultérieures sur les différentes maladies génétiques qui affectent l’espèce chat, et de permettre également aux éleveurs, en cas de découverte d’un problème suspecté d’origine héréditaire dans une lignée, de pouvoir vérifier immédiatement cette hypothèse, puisque l’ADN de leurs chatons aura été sauvegardé. A l’heure actuelle, la banque de données contient plus de 300 échantillons prélevés sur des Norvégiens finlandais.

Une autre spécificité du système finlandais est la gestion des autopsies félines, vivement encouragées pour toute mort suspecte : seuls deux laboratoires sont habilités à les réaliser, afin de garantir la fiabilité des informations, et un système de transport par véhicule frigorifique assure que tous les éleveurs souhaitant qu’une autopsie soit pratiquée sur un de leurs chats puisse effectivement y avoir accès. Car, aux yeux de Henna et de nombreux autres responsables du club, posséder des informations les plus fiables et précises possibles sur les causes de décès des Norvégiens est indispensable pour mieux cibler les problèmes de la race, et contribuer à les résoudre.

C’est ainsi que les éleveurs finlandais, peu nombreux mais soudés et très optimistes quant à l’avenir de la race dans leur pays, tracent leur chemin, en tentant de maintenir l’équilibre parfois acrobatique entre la recherche de pedigrees rares et originaux, une grande attention portée à la santé, et l’envie de défendre leurs couleurs sur les podiums au plus haut niveau. Gageons que nous continuerons à les voir briller – la mondiale danoise d’automne 2013 donnera peut-être à certains d’entre nous l’occasion de rencontrer quelques merveilles finlandaises, et leurs éleveurs passionnés.




[1] Information en anglais sur ce projet disponible à l’adresse suivante : http://www.kissangeenit.fi/in_english/